Ce film retrace l'histoire vraie de Solomon Northup, jeune homme noir de la bourgeoisie new-yorkaise, quelques années avant la guerre de Sécession et nous entraîne vers la Nouvelle Orléans et ses débordements esclavagistes. Suite ici par un clic...
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mardi 18 février 2014
12 years a slave....à voir absolument
Ce film retrace l'histoire vraie de Solomon Northup, jeune homme noir de la bourgeoisie new-yorkaise, quelques années avant la guerre de Sécession et nous entraîne vers la Nouvelle Orléans et ses débordements esclavagistes. Suite ici par un clic...
mardi 20 novembre 2012
Cinéma : Augustine d'Alice Winecour.
Réalisé par Alice Winecour (premier long métrage)
avec Vincent Lindon, Stéphanie Sokolinski (chanteuse : Soko), Chiara Mastroianni
Date de sortie : 07 novembre 2012
J'ai beaucoup aimé ce film envoûtant magistralement interprété par un Vincent Lindon, animal dans son costume de grand bourgeois et une Stéphanie Sololinski, criante de vérité, de sensualité, d'animalité.
Vincent Lindon rend magnifiquement l'ambiguïté du personnage du Dr Charcot qui veut démontrer que les hystériques (ce qu'il appelle l'hystérie ovarienne) ne sont pas des sorcières tout en les exhibant comme des objets scientifiques.
Le film se passe au XIXe siècle dans cet hôpital de la Salpétrière où 4 000 femmes s'entassent dans la "cité des femmes" et sont observées, nuit et jour, comme des rats de laboratoire. "Ces malades étaient exhibées, déshabillées, palpées devant un public de médecins et de représentants de la bonne société parisienne, au cours de séances d'exhibitionnisme maquillées en explorations scientifiques. ».(Alice Winecour).
De cette atmosphère totalement fantasmagorique pour des spectateurs du XXIe siècle, Augustine va émerger en jeune patiente de 19 ans atteinte de crise d'hystérie spectaculaire. Le Dr Charcot va en faire son objet d'étude scientifique sans la considérer à aucun moment comme un sujet.
J'ai perçu ce film sous trois aspects :
- une dimension sociale dans ce monde où le bas peuple est méprisé, ignoré dont la seule fonction est de servir. On verra Augustine quitter la salle commune pour une chambre individuelle, non pas par compassion pour elle mais pour permettre aux médecins de mieux étudier ses crises nocturnes.
- une dimension politique du pouvoir masculin sur ces femmes, objet de désir de médecins et bourgeois voyeurs. Certains critiques cinématographiques allaient jusqu'à considérer ces séances publiques comme des peep shows. La révolte d'Augustine préfigure-t-il les futurs mouvements féministes ?
- une dimension psychologique. Le Professeur va s'adoucir peu à peu et se troubler face à une Augustine qui laisse éclater sa sensualité et prend de l'ascendant sur l'illustre médecin. Guérie, elle se libérera complètement de son emprise en refusant de se prêter à une séance d'hypnose et en simulant de sa propre volonté une crise d'hystérie. Ses yeux, fermés lorsqu'elle ne simulent pas, ne quitteront pas le regard du professeur lors de la simulation comme pour reprendre sa dignité de sujet.
La grande découverte de ce film est indubitablement Stéphanie Sokolinski que je ne connaissais pas. Elle est saisissante, envoûtante, criante de vérité. Je n'oublie pas Alice Winecour qui réalise là un premier long métrage magique. Je n'ajoute rien sur Vincent Lindon, toujours aussi talentueux.
Je recommande vivement ce film.
PS : Il convient d'ajouter qu'Augustine a bel et bien existé. Arrivée à 14 ans à la Salpétrière, en 1875, elle sera considérée comme guérie en 1879. Elle restera comme aide à la Salpétrière et continuera ses séances en simulant l'hystérie. Après une rechute, elle s'enfuira de la Salpétrière en 1885 pour "aller vivre avec un homme" selon certaines sources.
Par ailleurs, sont insérés des témoignages de vraies patientes sorties récemment de l'Hôpital Psychiatrique. Ces interviews incongrues ajoutent de l'étrangeté au film.
Cinéma : Amour de Michaël Haneke
Jean-Louis Trintignan et Emmanuelle Riva.
avec la participation d'Isabelle Huppert.
Réalisé par Michaël Haneke
avec la participation d'Isabelle Huppert.
Réalisé par Michaël Haneke
J'aime beaucoup Emmanuelle Riva. Je me souviens de certains de ses films que je suis allés voir pendant mon enfance et mon adolescence.(1).
"Amour", sortie en salle le 24 octobre 2012 est un film qui dure 2 h 17 sans que l'on voit le temps passer. Il est réalisé par Michaël Haneke tout en délicatesse. Il auréole les personnages d'une tendresse attentive, infinie. Le rythme est lent, à l'image de ces octogénaires cultivés, amateurs de concerts. Professeurs de musique en retraite, ils s'aiment en un lien fusionnel que rien ne peut rompre. Jean-Louis Trintignant se décide à soigner sa femme, brutalement atteinte d'un AVC qui la laisse paralysée du côté droit. La vie du couple s'en trouve totalement perturbée. Leur fille, également musicienne, jouée par Isabelle Hupert, vit à l'étranger. Ses passages rapides, inquiets, stressent ses parents et les spectateurs qui ressentent ses visites comme incongrues, dérangeantes dans l'harmonie douce de ce vieux couple.
Ce film est très émouvant. Les acteurs font vivre leur personnage avec une grande pertinence. L'histoire nous prend aux tripes. La fin brutale, inattendue, nous laissent comme orphelins avec le goût amer d'une certaine trahison du scénariste qui nous a accompagné pas à pas avec une grande bienveillance pour nous asséner une fin, pour moi, imprévisible voire choquante.
(1) Films d'Emmanuelle Riva dont j'ai gardé le souvenir :
- 1959 : Hiroshima, mon amour d'Alain Resnais
- 1961 : Léon Morin prêtre de Jean-Pierre Melville
- 1962 : Thérèse Desqueyroux de Georges Franju
- 1967 : Les risques du métier d'André Cayatte
- 1999 : Vénus Beauté Institut de Tonie Marshall
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